Les webradios, une alternative aux radios classiques | MusicMug

Webradios, une alternative aux radios classiques avec des contenus variés

11 Juin

Il est devenu très facile de réaliser soi-même sa propre webradio. Ce sont donc autant d’alternatives aux radios FM classiques et elles offrent des contenus audio variés. Depuis environ dix ans, beaucoup de diffuseurs ont saisi l’opportunité de mettre en place des webradios en streaming. L’auditeur peut découvrir des artistes et des musiques selon ses goûts, gratuitement.

Le concept des webradios

Les webradios sont considérées comme une concurrence réelle pour les radios FM. Mais elles sont menacées par le régime qui leur est imposé par la Scpp (société civile des producteurs phonographiques). Elles doivent s’acquitter d’une taxe d’un minimum de 3000 € par an, excepté pour celles gérées par des particuliers, qui doivent payer un forfait minimum de 70 € par mois. Certaines associations de consommateurs s’opposent à ce régime car les webradios constituent un moyen alternatif de faire découvrir des musiques qui ne trouvent aucune visibilité dans les médias traditionnels. Les webradios, une alternative aux radios classiques avec des contenus variésElles ont été créées aux Etats-Unis à la fin des années 90 par des passionnés de musique. Pas besoin de studio, tout se fait en diffusion numérique. Quand on lance une lecture sur une webradio, le PC se connecte avec le serveur de streaming. Ce serveur envoie un flux de données binaires (codées en mp3, OGG, WMA, RealAudio) vers un serveur de lecture en continu. Il suffit d’avoir un lecteur multimédia compatible et d’une connexion avec une bande passante suffisante. La grande différence avec les fréquences hertziennes est que le serveur ne distribue la musique qu’à des personnes qui se connectent, alors que les radios classiques diffusent en ondes continues. L’immense éclectisme des contenus des webradios vient du fait que les émissions ne sont pas soumises à des quotas, comme ceux imposés par le CSA aux radios FM. Il faut tout de même demander un droit d’utilisation à ce même CSA  pour diffuser. A noter que certaines webradios ne diffusent que des titres libres de droits (artistes autoproduits non déclarés à la Sacem, c’est le principe du copyleft).

Internet facilite la diffusion et nécessite moins de moyens. Les stations peuvent fonctionner en tant qu’association et être financées par un système de donations. On compte de 50  000 à 70 000 radios accessibles sur Internet. Ce mouvement peut dans un sens se comparer à celui des radios libres en 1981 sur la bande FM, cette fois à l’échelle planétaire. Elles sont entre légalité et illégalité. La diversité est immense: le rock psychédélique 60’s, des mélodies de Noël au piano, des mouvements politiques, des associations culturelles, radio consacrée à AC/DC…

Un secteur qui se développe et progresse

Les webradios donnent le moyen de se différencier et de créer des nouveaux formats pour les auditeurs. Cinq grands points sont à considérer pour créer sa structure: proposer un contenu différenciateur, gérer l’aspect technique, développer une stratégie marketing, prendre en compte les droits d’auteurs (à voir avec la Sacem en fonction de l’audience et du CA) et les revenus générés. Il est encore difficile de vivre d’une telle activité, les annonceurs n’osant pas encore trop investir. Mais les enjeux économiques autour des webradios croissent, et le secteur se professionnalise. Etant donné l’opacité du contexte, il est difficile d’avoir des chiffres fiables sur les revenus.

Les acteurs des webradios croient à l’explosion de l’audience, notamment chez les plus jeunes, et voudraient en faire des grosses structures. La démocratisation des technologies 3G/4G qui permettent d’écouter la radio sur téléphone portable a accéléré la tendance. A noter que les grands groupes ont créé leurs flux web pour ne pas se laisser distancer par ce nouveau mode de diffusion, et ce dès le début de la révolution Internet. Mais à la différence du FM, ils ne peuvent pas « imposer » une écoute aux auditeurs. Sur Internet, la navigation est libre et le contenu quasi infini. C’est le critère différenciateur des webradios. Car les grands groupes proposeront quasiment le même style de musique que sur la bande FM, avec plus de titres. Encore une fois la diversité n’est pas leur point fort. Les webradios, une alternative aux radios classiques avec des contenus variésUn groupe comme NRJ, leader en France, possède 120 flux. Sur le papier, il y a une certaine variété entre ces flux: la musique mainstream marque de fabrique de l’enseigne, la webradio de Nostalgie, la webradio de Chérie FM, du métal, du classic rock… Mais l’ensemble de flux est mal équilibré et c’est le mainstream qui domine largement. Donc aucune visibilité pour les indépendants, les autoproduits, les artistes avec une faible notoriété etc. Et c’est le désavantage des petites webradios: être peu visibles, alors que ce sont elles qui proposent le plus de diversité. Certaines sont regroupées en bouquet pour se faire connaître et avoir de l’impact. Allez voir du côté de Hotmixradio et de Radionomy (contenus générés par les utilisateurs qui créés leurs propres stations), excellents bouquets. Radionomy et NRJ avaient d’ailleurs passé un accord commercial en 2009 sur le marché français de la publicité par la radio sur Internet. Des messages publicitaires étaient insérés sur l’ensembles des stations: 2500 stations de Radionomy bénéficiant de la frappe commerciale d’NRJ , et 33 stations de NRJ bénéficiant d’une large cible sur un grand nombre de stations pour augmenter l’ouverture des players. Une manière pour Radionomy d’accéder à un certain leadership. Effectivement, le marché est soutenu par des fonds d’investissements américains et des grands groupes médias (NRJ, Publicis): la principale difficulté des webradios est de développer et de monétiser leurs audiences. Mais l’exemple de Radionomy  démontre que ces grands groupes peuvent être utiles pour faciliter l’accès à la diversité.

N’hésitez donc pas à lancer votre webradio si vous croyez en la musique, votre musique, celle qui vous anime… Et c’est assez simple. Votre serviteur écoute d’ailleurs une excellente webradio rock en écrivant cet article, The Eagle!

Crédits photo à la une: Image courtesy of Salvatore Vuono at FreeDigitalPhotos.net

3 Réponses pour “Webradios, une alternative aux radios classiques avec des contenus variés”

  1. LMC 12 novembre 2015 à 09:47 #

    Superbe initiative, les webradios deviennent de plus en plus nombreuses et on en trouve pour tous les goûts.

    Pour ma part j’en écoute quotidiennement dans mon magasin.

    Bonne journée à tous

  2. Toni 24 janvier 2015 à 08:17 #

    A ce sujet je vous présente la première webradio au Luxembourg:
    http://luxefm.com/

    • Luc Mug 24 janvier 2015 à 12:24 #

      Merci Toni!

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