Les clips interactifs musicaux, un vaste terrain de jeux

20 fév

Sortant du schéma traditionnel du clip, certains artistes prennent les choses en main en proposant des concepts innovants de clips interactifs. Dans l’industrie musicale actuelle, en terme de promotion, cela devient de plus en plus une norme pour se différencier et attirer l’attention. L’aspect ludique immerge l’auditeur dans un environnement spécifique, où sont mis à contribution ses sens et son imagination.

Les clips interactifs musicaux, un vaste terrain de jeux

Il faut remonter au début des années 2000 pour l’apparition des premiers clips interactifs. C’est Björk, avec Pagan Poetry en 2003, qui a été une des premières artistes à se lancer. Depuis, un bon nombre de ces clips interactifs ont été produits avec des moyens et technologies différentes. En 2013, on note des réalisations très réussies:

- Red Hot Chili Peppers avec Look around: on se promène dans les pièces de la maison à l’aide de la souris, et on découvre des photos/vidéos cachées (des bonus) en cliquant sur des objets.

- Bob Dylan avec Like a rolling stone: une des chansons phares des 60′s qui n’avait jamais eu de clip. 16 chaînes TV ont été inventées avec pour chacune des acteurs qui chantent en playback sur une bande sonore pré-existante (concept du « lip-dub »).

- Arcade Fire avec Reflektor: face à la webcam de son ordinateur, on interagit avec le clip via son appareil mobile (téléphone, tablette). Les effets visuels s’activent avec les mouvements de l’appareil sans solliciter la souris.

- Pharell Williams avec Happy: un clip durant 24 heures, avec des gens qui dansent (ou autres gens qui aiment la vie!) dans Los Angeles. On fait défiler les séquences sur une timeline sans interruption de musique.

Ce sont des clips d’artistes très connus réalisés avec des moyens conséquents, visionnés et diffusés à grande échelle. Votre serviteur voudrait focaliser votre attention sur deux groupes plus confidentiels, qui ont récemment travaillé sur leur propre concept de clip interactif.

Un clip créé en autostéréogramme

Par The Young Rivals, groupe canadien indie-rock, avec « Black is good ».
Selon Wikipédia, « un autostéréogramme est un stéréogramme (ndlr: pour simplifier on osera dire que c’est une illusion d’optique) constitué d’une seule image qui donne l’illusion d’une scène en trois dimensions (3D) à partir d’une image en deux dimensions (2D)… »

Comment regarder le clip:

Sur le site du groupe, le réalisateur explique (en anglais) qu’il y a deux techniques: garder les yeux parallèles (fixer un point loin derrière l’image) et garder les yeux croisés (loucher en fixant un point devant l’image ). Chacun aura sa préférence. Le début du clip focalise l’attention sur 2 points blancs pour « imprégner » le cerveau. Il n’est pas recommandé de forcer sa vision tout le long du clip, et mieux vaut se laisser le temps d’assimiler.

Les clips interactifs musicaux, un vaste terrain de jeux

Les méthodes pour aider:

- La première méthode  consiste à laisser flotter le regard dans le vide comme quand on est pensif et/ou fatigué.
- La deuxième méthode consiste à s’approcher ou à s’éloigner lentement et progressivement du stéréogramme.

Selon les personnes, il faut recommencer l’opération un certain nombre de fois pour apprécier le tout, très surprenant. Voici des informations supplémentaires sur le fonctionnement des stéréogrammes: www.e-scio.net/comment/stereogrammes.

Ceux qui vont jusqu’au bout donnent clairement du temps pour le groupe. Une expérience unique qui les unit à l’artiste, même si dominée par un aspect plus visuel (obsessionnel?) que musical. The Young Rivals sont les premiers à utiliser cette technologie pour un clip interactif. Un point à considérer comme un avantage en tant que précurseurs. Une avance qui peut se traduire (positivement) par une crédibilité d’innovateur, une audience qui attendra une seconde réalisation, des investisseurs prêt à développer un nouveau clip avec d’autres technologies etc.

Les internautes réalisateurs du clip

Le groupe de pop-rock français Alpes, avec « Facing the crowd », laisse libre cours à la créativité des fans/internautes. Un excellent moyen de les impliquer. Après être satisfait du résultat, l’idée est de poster son travail sur la page Facebook du groupe dans le but d’être sélectionné en tant que réalisateur du clip final. L’aspect interactif comme l’aspect musical attire son lot de personnes qui sont des fans potentiels. On les fait sentir membres du groupe, dans le sens où leur avis sur les phases créatives ont de l’importance. Une telle implication provoque également un partage élevé sur les réseaux sociaux, blogs etc. Qui ne serait pas fier d’avoir participé à la création d’un clip interactif?

Les clips interactifs musicaux, un vaste terrain de jeux

Les clips interactifs musicaux, un vaste terrain de jeux

Faire des clips interactifs: oui!

The Young Rivals et Alpes marquent les esprits, en ayant un potentiel de viralité élevé. Avec un concept de clip interactif bien défini et proprement réalisé, vous proposez véritablement une expérience. Dans ce cas, il n’y a rien de négatif, et ce même si ça ne plaît pas à tous. Les internautes auront plus de chance d’adhérer à votre projet musical car vous offrez un concept visuel et ludique; à eux de prendre le contrôle en assumant un rôle autre que la passivité de regarder un simple clip. Vous avez alors un concept différenciateur ayant un certain degré d’impact dans l’immensité du web musical.

Il est judicieux de mettre en ligne son clip sur une page web dédiée. La communication est centralisée sur cette page au lieu d’être diffusée sur des multiples canaux vidéos. Premièrement, l’univers du clip est respecté avec des graphismes en adéquation. Deuxièmement, vous êtes en possession d’un outil de promotion permettant du supplément, une sorte de « mini-vitrine »: liens vers les réseaux sociaux et plateformes de téléchargement/streaming, dates des prochains concerts, achat du t-shirt collector du clip… Les internautes accèdent directement à une interface qui est un catalyseur dans le processus interactif. (Parlons geek) Une page web permet aussi de recueillir et d’analyser des données (par exemple via Google Analytics), des plus simples aux plus poussées, ce qui est déterminant pour mieux connaître votre audience en vue de futures actions web.

Concernant le budget: les coûts de revient d’un clip classique sont généralement moins élevés qu’un clip interactif. Mais suivant ce qui est mis en œuvre, il est intéressant de comparer. On terminera en se demandant où est la limite pour ce type de réalisation car les technologies évoluent sans cesse. Dans tous les cas la marge entre les idées créatives est certainement très élevée, laissant place à un grand terrain de jeu.

Photo à la une: photo issue du film Wayne’s World 2

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